Un peu d'histoire
Vérossaz porte un nom d'origine celtique qui s'est modifié au fil des siècles : Verauca (1240), Veraze (1338), Veraucza (1350), Veroussa (1609), Voraussa (1626), Verossa (1710), Verossaz (1802), Vérosse puis Vérossaz dès 1820. Il dérive de Verrau, diminutif de verne, comme Vernayaz ou Vernamiège. Jusqu'au XIIIe siècle, l'histoire de Vérossaz reste discrète car liée à celle de St–Maurice. Aux premiers âges, un immense glacier s'étendait de Mex à Choëx, laissant moraines et blocs erratiques visibles encore aujourd'hui.
515 – 525
Des traces humaines très anciennes sont attestées : pierres à sacrifice aux Haussex et à Vésenaud, pierre druidique de Combrevoux, hache de l'âge du bronze découverte en 1874. Saint Sigismond, roi des Burgondes, fondateur de l'Abbaye de St–Maurice (515), se retira à Vérossaz pour faire pénitence et y érigea un oratoire. Une colonne de marbre (1863) rappelle ce lieu historique.
1032
Vérossaz passe sous la souveraineté de la Maison de Savoie.
1239
Amédée IV, comte de Savoie, accorde à sa sœur Marguerite la jouissance viagère du bourg de St–Maurice et du village de Vérossaz. La métralie des Haussex et Bassex dépend de la châtellenie abbatiale, tandis que La Doey reste savoyarde jusqu'en 1476.
1476
Dès 1476, le mandement de St–Maurice relève d'un gouverneur nommé par la Diète valaisanne. Avant la Révolution française, Vérossaz forme déjà une Commune.
1798 – 1822
En 1798, Bonaparte place Vérossaz sous la juridiction de St–Maurice. Le 27 juin 1822, la commune obtient son indépendance après une résistance acharnée. Une colonne de mécontents descendit à St–Maurice et envahit l'Abbaye, où les religieux les calmèrent… en les abreuvant.
1831
Naissance de Marie Trolliet, dite MARIO, écrivaine talentueuse. Convertie au catholicisme, elle séjourna à Vérossaz jusqu'à sa mort en 1895.
1921
La Commune accorde une concession pour un monument funéraire dédié à MARIO. Sculpté par Casanova, inauguré le 23 octobre 1921, il porte l'inscription « Le Vieux Pays », expression inventée par l'écrivaine.
1939
La Suisse reste neutre mais fortement menacée par une invasion allemande
(opération Tannenbaum).
Dès 1939, mobilisation générale : les hommes de Vérossaz,
comme partout, sont appelés au service actif.
Le pays organise le Réduit national, stratégie de défense alpine
concentrée autour de Saint-Maurice, Gothard et Sargans.
Saint-Maurice, à 10 km de Vérossaz, devient l’un des trois
piliers fortifiés de la défense suisse.
Cela implique : troupes stationnées dans la région, ouvrages fortifiés,
surveillance accrue des accès alpins.
1943-1945
Même si Vérossaz n’est pas citée directement dans les archives consultées, sa position géographique implique :
- une proximité immédiate avec le dispositif militaire de Saint-Maurice, l’un des centres du Réduit national
- la présence de bunkers
- des postes d’observation
- des ouvrages camouflés dans toute la vallée du Rhône ;
- un contrôle strict des routes et passages vers le Chablais et la frontière franco-suisse.
Ces éléments sont confirmés par les sources sur le Réduit national et les fortifications alpines.
Les archives fédérales montrent que le Valais, comme les cantons frontaliers, a connu :
- l’arrivée de réfugiés civils et militaires, notamment après 1943
- des internements militaires (plus de 100 000 en Suisse)
- une surveillance renforcée des passages vers la France (Abondance, Saint-Gingolph, Novel).
Vérossaz, située sur un axe secondaire entre Saint-Maurice et le Chablais, a probablement vu passer des réfugiés ou des patrouilles, même si aucune source ne documente un événement local précis.
L’événement majeur le plus proche : la tragédie de Saint-Gingolph (22–23 juillet 1944). À 15 km de Vérossaz, cet épisode a marqué toute la région :
- attaque de résistants français contre un poste allemand
- violente répression par les SS ; civils tués, menaces de destruction du village
- blessés évacués vers l’hôpital de Monthey, à 5 km de Vérossaz. Cet événement a entraîné une tension maximale dans tout le Chablais valaisan
1945-2026
Vérossaz de 1945 à nos jours connaît une évolution marquée par la transformation progressive de ses hameaux, l’amélioration des infrastructures et une croissance démographique notable. Après les difficultés de l’après-guerre, la commune voit ses quartiers se moderniser, notamment les Haussex, les Bassex, La Doey, Chavanne et Vésenaud. Les années 1950 et 1960 sont marquées par un exode important vers les villes, la vie montagnarde offrant peu de sécurité et exigeant de lourds sacrifices. Face à cette situation, les Autorités locales renforcent la confiance et l’attachement au village, soutenant des projets destinés à assurer sa survie. Dès 1975, l’ouverture de la route vers Les Giettes met fin à la position en cul-de-sac de Vérossaz, facilitant les déplacements vers Choëx, Monthey et le Val d’Illiez. La population, en baisse jusqu’aux années 1970, recommence ensuite à croître, passant de 314 habitants en 1970 à plus de 950 aujourd’hui. Au fil des décennies, la commune valorise son patrimoine, modernise ses services, développe des projets culturels et touristiques, et célèbre en 2022 les deux siècles de son indépendance communale, confirmant son dynamisme et son identité valaisanne.